JOHN WILLIAM

 

 

 

 

John William, chanteur exceptionnel à la voix d’or, une basse chaude et l’une des plus belles voix de la chanson française, a, durant plus d’un demi-siècle, rendu heureux tant d'admirateurs.

                                                         

                                           Une photo très rare, John avec sa mère et son père.     

 


John, de son vrai nom Ernest Armand Huss, est né le 9 octobre 1922 à Grand Bassam, au bord de la lagune Ebrié, près d’Abidjan en Côte d'Ivoire, d'une mère ivoirienne et d'un père alsacien. Il est hélas arraché à sa mère à l’âge de 18 mois puis arrive en France à 8 ans où il fera ses études en pensionnat. A 18 ans, il travaille comme ajusteur-outilleur dans une usine, puis réquisitionné pour le service civique rural afin de remplacer les paysans prisonniers, il part  dans une ferme en Charente-Maritime de juin à août 1943. Ensuite, il est engagé à Montluçon dans une usine qui fabrique des appareils  de détecteurs de son pour les avions allemands.

 Un soir, il voit un jeune ouvrier poser des explosifs, le couvre en se taisant : Le lendemain tout est saboté !  John est interrogé à Moulins par la Gestapo, torturé, mais il ne parle pas ! Il est  déporté en avril 1944 au camp de Neuen-gamme (près de Hambourg).  Chantant pour ses compagnons de captivité,  il leur donne espoir et courage, et leur promet de continuer de chanter  s’il s’en sort. Il est libéré à la fin de la guerre, fin avril 1945, par les services de  la croix rouge suédoise. Seules ses connaissances techniques pointues lui ont sauvé la vie ! Il reste en Suède quelques temps, pour remise en forme.

 A son retour à Paris le 14 juillet 1945, il revoit son père sur le quai du métro de Boulogne Billancourt, ce même jour ! Celui-ci mourra  à 63 ans, sous un bombardement américain, après l'immense joie d'avoir revu son fils vivant ! Hélas encore, John apprendra aussi la mort de sa mère à 45 ans, suite à une bénigne rougeole...Mais on est en Afrique...Il n’aura jamais revu sa mère et ceci  sera une souffrance indélébile...

 Traumatisé par sa captivité, dépressif, il  ne peut reprendre son travail à l’usine. Quelques temps plus tard, moins désemparé, il monte à Paris pour s’adonner à la chanson et prend des cours de chant. Après quelques années durant lesquelles il chante à Paris sur de petites scènes, il est remarqué  par un professionnel et édite fin 52 son premier disque, un triomphe (France, Italie, Belgique, Suisse) : "Si toi aussi tu m'abandonnes". (A ce jour,  plusieurs versions de John  sur différents disques, et des millions d’exemplaires vendus !). On lui a suggéré de prendre un pseudonyme et il choisira deux prénoms qu’il aime particulièrement. Lui que la vie n’a pas épargné, écriera dans son livre « J’abandonnai celui d’Ernest Armand Huss qui jusque là avait mal vécu »...Incontestablement, une vie de profonde mutation...A noter que son tout premier impresario est un certain...Johnny Stark ! Il le quittera bientôt pour rester plus souvent avec sa nouvelle famille. Viendront ensuite  Georges Leroux, puis Pierre Andrieux (un proche de Bruno Cocatrix, directeur de l’Olympia).

 

                                                   

 

Dès lors, il sera un « porte parole » du peuple noir, chantera la fraternité, la liberté des peuples, les îles et les grands espaces, deviendra une partie de la mémoire du cinéma (des dizaines de titres de films en chansons de 52 à 72 !) et sera le créateur d'un style nouveau (!) dès les années 60, le « modern spiritual », innovant en chantant dans les églises à partir des années 69-70 (Bien avant notre grande et belle Nicoletta). Sa carrière compte quelques 350 titres ! (Studios ou scènes). Il est passé, grâce à sa voix, son originalité et sa créativité, à travers le temps et les modes, y compris à l’époque du « yé-yé » dans les années 60. Il ne fera hélas pas de cinéma (exceptées deux apparitions dont une dans le feuilleton TV « Thierry la Fronde » un épisode spécialement créé pour lui !), et triomphera (Belgique, France) en 1973 dans la revue musicale "Show boat"  et son extraordinaire  Mississippi « old man river ».

 

                              

 

Marié à Liliane (rencontrée lors d’un concours de chant), et vivant dans la région parisienne, il est père de deux enfants : William né en 1954 (journaliste) et Maya née en 1964 (chanteuse à la voix superbe, l'accompagnant dans les églises et autres lieux dès 1985-86). 

Il nous livrera sa vie dans un ouvrage de souvenirs "Si toi aussi tu m'abandonnes" (1990 Editions du Cerf) dans lequel il confie entre autres « Je suis heureux d’avoir pu faire une carrière honnête tout en préservant ma vie privée ». Il aime la nature, les animaux, le sport et faire la cuisine.

Le 16 décembre 2005, il est fait « Chevalier de la légion d’honneur ». Son humanisme, sa fraternité l’ont placé comme « membre d’honneur » d’Hôpital sans frontières. Il s’impliquera aussi pour « l’Organisation des droits de l’homme ». (Du reste, une de ses chansons s’intitulera « les droits de l’homme » !).

 

                   Ed du Cerf 1990,  

                                                                                                autobiographie de John 

  Mais plus que tout, il aime la chanson et a donné des milliers de représentations dans nombre de pays (France : Olympia, Bobino, Pleyel, et de partout bien sûr, Belgique, Suisse, Luxembourg, Pays Bas, Allemagne, Italie, Portugal, Pologne, Russie (formidable tournée de 26 villes !), Yougoslavie, Israël, Etats-Unis, Réunion, et bien sûr en Afrique : Algérie, Tunisie, Maroc, Sénégal, Cameroun, République Centre Africaine et...Côte d’Ivoire !...).

Il a fait ses adieux à la scène en mai 2005 avec, entre autres, une tournée prévue en Martinique. Et sa « dernière voix » enregistrée en 2005 sur un magnifique CD de ses succès « Pour vous je chante » (avec Maya).

 

 Ses succès sont nombreux : Si toi aussi tu m'abandonnes, superbe (Le train sifflera trois fois, 52 puis 58), Jéricho, magnifique chanson raciale (53), Comédie, Les yeux du diable (54), Les âmes fières, Seize tonnes (sur la dureté du travail, réenregistré en 67 !), très beaux titres de 56 ; Day O, Une île au soleil, époque « Calypso » (57), Mississipi (Old man river), un bijou et un triomphe, OK Corral, Un certain sourire (58), La chanson d’Orfeu  du célèbre « Orfeu négro » (59), Les conquistadors (étonnante), Chanson du Jangadeiro, lent naufrage d’un pauvre en mer sur son radeau (60), deux triomphes variétés en 61 avec Le bleu de l’été (Alamo) et Le voyageur sans étoile (Coq d’or de la chanson française et Médaille de la Ville de Paris), Navaronne (Les canons de Navaronne), Big bad John (superbe, sur la différence) et surtout Le jour le plus long, énorme succès tiré du film, l’une des 2 grandes versions avec celle de Dalida (62), la rose des sables, encore un gros succès (Laurence d’Arabie), Répondez-nous Seigneur (spirituelle), La grande évasion (du film, 63), La marche des compagnons, beau message et gros succès (Thierry la fronde 64), Goldfinger (du film, 65), Pax Hominibus (66, album spiritual) ou bien sûr un autre triomphe  en 66, La chanson de Lara (du film Docteur Jivago), plus d’un demi million d’exemplaires vendus en France, Trophée de la meilleure vente au Midem de Cannes 67 ! Viendront d’autres titres tels La dernière valse (67), Si douce à mon souvenir (belle version rythmée), Arbres (la nature spiritualisée, en 68), L’or de mon jardin (sur les vraies valeurs, en 69), Oh happy day (70) ou Il était une fois la révolution (du film, en 72).

                

 

Mais comme chacun  le sait, les bijoux ne sont pas toujours parmi les grands succès et nombre de titres superbes doivent être mentionnés : Je suis un nègre (Clair, net et précis ! Que les noirs actuels en prennent de la graine...Déjà un prix d’interprétation 52 à Deauville !), Donnez nous aujourd’hui (Aznavour, magnifique, 54), Je voudrais (peut-être sa plus formidable chanson sociale et humaniste au texte d'une incroyable inspiration), Le noël d’un enfant noir (55), Monsieur Big Bamboo en 57 (beaucoup de ces chansons sont des hommages à la race noire ou simplement des appels à la fraternité  humaine), deux chefs d’œuvre en 58, quelle année ! (Tu n’as pas le droit, proprement stupéfiant, un « accusé Dieu levez-vous » dont on a réalisé une saisissante vidéo sur internet, et Toi dans ta chapelle, un sommet d’humanisme !), Annabel Lee, Esméralda (magnifiques symboles féminins) en 1959, Ma guitare (enga-gée et prenante), Les héros de mon enfance, élégiaque (1960), les spirituels Summertime (il chantera beaucoup de titres en rapport avec les USA) et Michael (61), les humanistes Un oiseau blanc (62), L’émigrant, Parce qu’un homme (géante) en 63 ; et tant d’autres dans sa période variété  se situant entre le message philosophique, spirituel ou fraternel : Le sable (dédiée aux personnes vénales ou à toutes les « ruées vers l’or » anciennes et présentes !), Ma montagne ma rivière, magnifique ballade (en 65), Chanson pour Willy (pour son fils ?...En tout cas traitant du courage et de la liberté humaine), Si les clochers, contre la bêtise humaine et pour la paix (en 66),  Chanson pour Yohann (contre les emprisonnements abusifs, Mandela ou autres), sa magnifique reprise humaniste de Dvorak avec Un monde meilleur (en 67), Les partisans (en 68, titre révolutionnaire, provenant d’un étonnant 45 tours de 4 chan-sons consacré au répertoire russe dont la célèbre Plaine ma plaine et le soleil s'est levé, belle chanson fraternelle) ou un étourdissant Révolver (en 70), sur la violence et contre les armes, qu’apparemment personne n’a entendu...Tout comme Mettons nos montres à l’heure (très « engagée », dénonçant les méfaits de la civilisation ! En 72)...

 

                                                               

   (1er disque acheté, superbe 45 tours compil !)          

 Et tant d’autres dont certaines, à toutes époques, surprenantes : Golgotha (on imagine le thème historique de la chanson !), Loup blanc (jolie histoire à la « croc blanc ») en 54 ; Va de l’avant (Etonnante et puissante) en 55, La rose tatouée (magnifique ballade au piano) et Tchumbala Bey (traitant du « faux » héros sanguinaire et cruel) en 56, Sur la piste blanche (très belle histoire sur les trappeurs, en 57), La rose des sables (magnifique, supérieur au titre identique de 1963) et Hadji baba (ou l’amant oriental), en 58 ; Mes frères (peut être son premier véritable spiritual !) et Adieu tristesse (le jumeau d’Orfeu Négro, du même film, plus profond encore) en 59 ;  Black boy en 60 (formidable, un « homme à la moto » transposé au far-West !), Johnny rappelle toi en 62 (ou les tourments d’outre-tombe...), Le chemin du ciel en 63 (un parcours du combattant pour atteindre l’au-delà !), Zoulous, Soleil couchant (chansons ethniques, la deuxième sur les amérindiens, en 64), Marqué en 65 (chanson sur l’honneur...Et l’horreur des rumeurs et des mensonges), Father Martin (hommage à Luther King ?) et Ils te crucifieront (révélatrice à l’égard de la conscience humaine. A méditer  très vite !...) en 66 ; Battez tam tam et sonnez cloches (le profane et le sacré mélangés et toujours l’espoir et la fraternité), Le vin des vendanges (Superbe ! Encore du profane et sacré mélangés, cette fois, les anges dansent devant un juke box !) en 67 ; Drouchba en 68 (ce qui signifie « Liberté » en russe)...Tout ceci n’étant qu’un petit aperçu ! Et c’est bien là toute la valeur de l’œuvre ! Et encore, impressions strictement personnelles, dans La Chanson, j’élève de nombreux titres vers le symbole ésotérique, union entre la lumière divine (l’âme pour simplifier) et la personnalité : Exemples chez John, de titres  tels que « Je ne crains rien » (extraordinaire puissance 1957), « la longue marche (magnifique ! 1963), « Hier sans vous » (1966) et d’autres....

 

 

Sans compter sur son exceptionnelle période de modern spirituals commençant réellement au début des années 70 où là, délibérément il quitte les scènes classiques pour ne plus chanter  que dans des églises ! Quelques bijoux, parmi des dizaines, l’œuvre étant l‘une des 2 ou 3 plus hautes de l’histoire de la chanson française, par son humanisme, sa fraternité, sa révolte et bien sûr sa spiritualité : Il reviendra (exact !), Dis que font-ils ? (on se le demande), Noir jaune ou blanc (manque plus que les rouges...Et les petits hommes verts parmi des milliards d’autres dans l’univers...), Les fusils rouilleront (avec le militarisme...), Ne pleurez pas (rien ne vaut un sourire !), Les mains (c’est le pied !), L’éternelle blessure (presqu’autobiographique, très émouvante !), Le sang mêlé (tout un programme ethnique et génétique, on appelle cela le bouillon de cultures !), Les forces du bien (presqu’ésotérique), La vérité (une denrée rare aujourd’hui), Le village abandonné (superbe idée communautaire), Quand je pense aux enfants qui naissent (ouais, y’a du boulot...), Crie-le écris-le (y’a un journaliste dans la famille !), Liberté miserere (étonnante association, étonnant message !), L’envie (oui, parfois un fléau !), Vous qui passez (poignant appel humaniste), La musique des hommes (parmi les plus hautes beautés de la Terre !), Pour vous je chante, autobiographie étonnante, son chant du cygne...(écrite par son fils ?!..), etc...Merci John ! 

 

                                          

 

Cet artiste unique, blessé par la vie, a décuplé sa force, sa foi, son courage et son humanisme !

 Innovateur, respectueux des êtres,  des races, il est un homme de mémoire, de vécu, à la fois la gravité de la vie et la tendresse de l’amour, l’originalité populaire et la sublime voix pleine d’émotions et de pensées (aussi surprenantes que généreuses) ; 6 ou 7 doubles CD de 40 à 48 titres, construits comme des quatuors d’albums d’époque, 53-56, 57-60,  61-65 (sauf spirituals), etc, donneraient assurément un aperçu étonnant de cette formidable carrière !... Injustement oubliée !...                                

 

Cet artiste exceptionnel donc, mérite qu’on l’écoute !!  Ce que je fais depuis des dizaines d’années...

 

 

 

  Dédié à ma mère qui aime John autant que moi et qui acheta les tous premiers disques !

   Jean-Marc Paillot,  Lyon, Avril 2008.   

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                                              AU  REVOIR,   JOHN...        

 

 John  nous a quittés le 8 janvier 2011, à Antibes..

Ainsi John, tu es parti dans la "piéce au dessus" ou plutôt "à côté"...Ces sphères invisibles mais bien réelles...Que ton chemin dans cette nouvelle sphère de lumière, néanmoins bien concrète pour toi, s'accompagne, il va sans dire, de joies et de paix, donc de bonheur, mais surtout d'une nouvelle vision de la vie, sous un angle bien plus lumineux et perçant ! En tant qu'ésotériste et occultiste, je sais ce qu'il en est...

Aux noms de ma mère, de tous ceux qui aiment John, ceux qui lisent ou liront cette petite page (Merci pour vos témoignages dans le livre d'or, cette page devient un tissu vivant !), j'offre  mon amitié fraternelle à toute sa famille, en particulier à sa femme Liliane, et ses enfants William et Maya.

Et à vous John, la VIE continue, un immense MERCI !

Jean-Marc 18/ 01/ 2011.

(N'hésitez pas à venir sur cette page,  je vais la compléter et la faire vivre aussi avec photos et docs)

 

Un petit poème anonyme mais une grande pensée de vie !

L'amour ne disparait jamais, la mort n'est rien.

Je suis seulement passé dans la pièce à côté, je suis moi, vous êtes vous.

Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné, parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.

N'employez pas un ton différent, continuez à rire de ce qui nous faisait rire.

Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été.

La vie signifie ce qu'elle a toujours été, le fil n'est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de vos pensées simplement parce que je suis hors de vos vies ?

Je veille sur vous, je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.

                             Au revoir, mes amis...Et à bientôt !                                          

                             Au revoir John....A bientôt...

 

       

                                        

                                                                  

                             (NB : pour  visionner plus clairement les images, cliquer dessus, puis flèche de défilement)

  

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                           UN   HOMMAGE   OFFICIEL

  (Et sincère, car il émane d'une âme  d'artiste, son film Madame Butterfly, et d'un homme sensible).

 

Il a prêté sa voix aux plus beaux films et chansons du monde : La chanson de Lara, La grande évasion, Le jour le plus long...Aujourd'hui, c'est lui qui nous abandonne. John William, le bouleversant interprète de "Si toi aussi tu m'abandonnes", la chanson emblématique du film "Le train sifflera trois fois", et de tant d'autres, immenses succès, nous a quittés.

Alsacien de père, c'est pourtant de sa mère ivoirienne qu'il avait hérité la chaude couleur de sa peau et de sa belle voix grave aux accents si doux. Au-delà du miracle de cette voix au timbre unique, c'est peut-être le charisme de l'homme qui explique le mieux l'émotion qui se dégage de ses chansons, qu'elles résonnent au music hall ou, plus tard, dans les églises.

 Profanes ou religieuses, elles étaient l'âme de ses lointaines mais toujours vivaces racines.

 

                    Frédéric Mitterrand

                    Ministre de la Culture et de la Communication. (11/01/2011)

 

          

                    1984

 

                                                        

                                   (Pour vous je chante  CD 2005, dernière voix de John !)

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                   John  avec  Serge  Bilé

                             (Lors des émissions  TV sur la déportation des noirs)

 

                                                    

  En 1995, une émission TV sur la déportation des noirs lors de la seconde guerre mondiale a été réalisée. John fut bien évidemment invité.

Mais le 22 janvier 2005, pour la sortie de son livre, Serge bilé, avec John, est reçu dans l'émission de Thierry Ardisson : "Tout le monde en parle"...En fait, Thierry acceuille avec émotion, John qui a bercé par ses chansons, les années de tant d'êtres !

 Durant 14 minutes, nous verrons John à la télévision, ultra rare, pour la dernière fois ! Il livrera quelques moments de sa vie...(A voir sur Internet !). A 82 ans, il est toujours aussi beau, humble, simple et émouvant...Une belle âme...

 

 Quelques pensées de Serge Bilé (tirées de son interview 2011)

  Je suis très touché par sa disparition car c'est quelqu'un que j'admirais en tant qu'homme et en tant que chanteur. J'appréciais également son parcours exceptionnel. C'est quelqu'un qui a été frappé par une grande douleur et par deux arrachements : Le premier par rapport à son pays d'origine...(NB : la colonisation et son arrivée en France)...Le second arrachement est survenu lors de la seconde guerre mondiale...(NB : Sa déportation).

Je l'avais entendu en concert quand j'avais autour de 14-15 ans à Poitiers où j'étais scolarisé...J'avais entendu sa voix merveilleuse, grave, qui chantait du gospel, et j'avais été touché...

Toute son histoire douloureuse, toute son histoire personnelle, par rapport à son pays, et toute son aventure humaine m'ont fait avoir de l'affection pour lui. C'est quelqu'un qui avait une grande humilité, une grande gentillesse, qui ne ressassait pas les souffrances qu'il avait vécues...Les jeunes générations ont pu découvrir non seulement l'homme qu'il était mais aussi la souffrance de toutes les personnes qui ont pu connaître ce drame...

Qu'on le veuille ou non, il représentait toutes les personnes qui ont connu au-delà du front où se battaient les tirailleurs sénégalais, l'enfer des camps de concentration. Quelque part, quel qu'ait été le nombre de ces déportés noirs ou antillais, il les symbolisait puisqu'il était le dernier survivant...

...Il était extrêmement heureux le jour où il l'a reçue (NB : La Légion d'honneur) comme si quelque chose se passait pour lui car il y avait reconnaissance d'une souffrance singulière qu'on le veuille ou non : Celle d'un Noir déporté dans un camp de concentration.

 

   

 

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                                 Paroles de  chansons

                               

  Je voudrais                        

 Je voudrais le canon refondu en machine, machine à fabriquer de l'espoir pour vivants. Je voudrais le soleil au plus noir de l'usine et le savant courbé à hauteur de l'enfant. Je voudrais voir le blé couler comme rivière et les plus grands déserts transformés en jardins. Je voudrais du poète une chanson lumière pour m'aider à marcher vers un nouveau destin. Alors je tends la main vers l'amitié du monde pour une joie féconde et de clairs lendemains. Et puis je tends la main vers la moisson nouvelle, plus riche et moins cruelle à tous ceux qui ont faim. Je voudrais le travail à la taille de l'Homme, chaque épaule portant une part du fardeau. Je voudrais le mineur égal à l'astronome...Je voudrais que la paix dans la cité future plane sur les maisons en pierre de bonheur...

Monsieur Big Bamboo

Monsieur Big Bamboo de Kansas City est traité presque comme un blanc, les gens chics de la société trouvent qu'il vaut beaucoup d'argent. Il est admis dans tous les galas mais c'est bizarre s'il peut danser, les filles trouvent à chaque fois une raison pour refuser...Monsieur Big Bamboo de Kansas City est traité presque comme un blanc, les gens chics de la société trouvent qu'il est très important...Son gosse a même le droit d'aller au grand collège des gentle-mens, mais il lui faut pour y rester, la protection des policemens...

L'émigrant

Je viens de loin, je ne suis rien, qu'un émigrant comme mes frères, un étranger sur cette terre où m'a jeté le vent du destin. Je viens de loin, je n'ai plus rien, qu'un peu d'espoir sous ma misère, je n'ai qu'un coeur et des prières pour me bâtir des lendemains. J'ai laissé mourir à l'horizon mon ciel et ma maison, et j'ai la route en emportant mes souvenirs et mes rêves d'enfant.

La marche des compagnons

Amis, le temps n'est plus aux chansons, il faut partir, laisser ta maison, et tout quitter, même ton nom, compagnon... Tu auras faim et tu auras froid, tu marcheras et n'oublieras pas, qu'il faut se battre pour la liberté...Nous donnerons aux enfants du monde, des nuits sans crainte et des jours sans honte, des matins clairs et des chansons, compagnon. S'il faut mourir toujours inconnu, tu partiras comme tu es venu, et le vent seul portera ton nom, compagnon.

 

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